INTRODUCTION À LA POLLUTION DE L’AIR ET AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Pollution de l’air
La pollution de l’air affecte la santé de tous les Canadiens, surtout les enfants, les personnes âgées et celles qui présentent des troubles respiratoires et cardiaques. Selon les chercheurs à l’institut allemand d’épidiomolgie et à l’université Brigham Young des États-Unis, « plus de 150 études épidiomologiques ont signalé un rapport entre les changements journaliers, en particulier dans la pollution de l’air, et les changements journaliers dans la mortalité due aux troubles respiratoires et cardiovasculaires, les hospitalisations et les points de santé correspondants. »[1]

Des études indépendantes ont également montré que les répercussions de la pollution de l’air sur la santé se traduisent par une réduction de la longétivité, un déclin dans la qualité de vie et des coûts supplémentaires pour les contribuables. L’Ontario Medical Association a estimé que les polluants dans l’air causés par les humains ont eu pour résultat 1900 morts prématurées, 9800 admissions dans les hôpitaux, 13 000 visites aux services d’urgence et 47 millions de maladies mineures, en Ontario et en l’an 2000. Ces conséquences ont entraîné pour l’économie et le régime de santé de l’Ontario plus de 1 milliard de dollars par an, en admissions dans les hôpitaux, en visites aux services d’urgence et en absences au travail.[2] Le rapport de l’OMA signalait également que, si les niveaux actuels de pollution de l’air sont maintenus, ces chiffres passeront vers 2015 à 2600 morts prématurées, 13 000 admissions dans les hôpitaux par an, 18 000 visites aux services d’urgence par an et 53 millions de maladies mineures. Les chiffres des services de santé publique de Toronto confirment que la pollution de l’air cause des centaines de morts prématurées par année et de nombreux problèmes relatifs à la santé.[3]

La réduction de la pollution de l’air a pour résultat un gain pour la santé et des économies. Une étude récente de Santé Canada a tenté de chiffrer l’impact économique d’une réduction des répercussions négatives de la pollution atmosphérique sur la santé qui résulterait de l’introduction au Canada de véhicules et de carburants plus propres. Elle a découvert ainsi que le coût de la mise en œuvre d’un programme de ce genre serait de 6 milliards de dollars, tandis que l’avantage économique ou valeur des réductions dans les coûts des programmes de santé serait de 24 milliards de dollars, ceci sur une période de 24 ans.[4]

Changement climatique
Le changement climatique aura des impacts directs sur la santé des humains. Les scientifiques prédisent que les températures plus élevées résultant du changement climatique produiront des accroissements dans les maladies et les décès dus aux coups de chaleur et à la déshydratation. En outre, une augmentation attendue dans les phénomènes météorologiques extrêmes :tornades, inondations et tempêtes hivernales entraîneront plus de blessures, de maladies et de morts.

Selon l’Association canadienne de santé publique, les problèmes potentiels de santé résultant du changement climatique comprennent[5] :

  • Une importante augmentation du nombre de jours très chauds, en vagues de chaleur plus nombreuses et plus longues dans les grandes villes canadiennes entraînant une augmentation du smog et de la pollution de l’air.
  • Ce climat plus chaud, s’ajoutant au vieillissement de la population, causera un accroissement des décès dans les centres urbains.
  • Les troubles respiratoires dus aux allergies, en particulier l’asthme, peuvent être en augmentation par suite d’une augmentation des pollens allergènes en quantité plus élevée dans un climat plus chaud.
  • Des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents : inondations, sécheresses, ouragans et tornades entraîneraient une augmentation des décès, des blessures et des maladies infectieuses (ainsi, des eaux de surface contaminées peuvent affecter l’approvisionnement en eau).
  • Des conditions de sécheresse plus grande affecteraient la qualité et la quantité de l’eau disponible pour les populations.
  • Les communautés autochtones dépendant de la chasse, de la pêche et d’autres activités se basant sur les ressources naturelles deviendraient plus vulnérables par suite des changements prévus dans la quantité et la distribution de la faune, des poissons et des plantes.

Bien qu’il soit difficile d’estimer le coût direct du changement climatique futur, une partie des coûts économiques se rattachant à la santé peut être évaluée en fonction de l’impact accru de la fréquence et de la gravité des désastres naturels sur les valeurs immobilières, les sources de revenu, la santé des humains et la vie en général.

Un groupe de banques, assureurs et réassureurs, parmi les plus importants au monde, a indiqué que le changement climatique cause déjà une augmentation des désastres naturels qui menace l’industrie des services financiers. Deux cent quatre-vingt quinze banques, compagnies d’assurance et société d’investissement ont donné leur appui au rapport sur le changement climatique et l’industrie des services financiers[6] qui constate que le changement climatique présente un risque majeur pour l’économie mondiale par suite de la fréquence toujours plus grande de phénomènes climatiques extrêmes. Ceux-ci ont le potentiel de pousser les assureurs, réassureurs et banques à un point de viabilité réduite, voire d’insolvabilité. Chaque année, selon ce rapport, présente aujourd’hui quatre fois plus de désastres naturels se rattachant aux conditions météorologiques qu’il y a 40 ans, les pertes assurées étant multipliées par 11. Cette augmentation équivaut à 10 milliards par an pendant les années 1990.[7]

En outre, les auteurs signalent que les pertes économiques dues aux désastres naturels semblent doubler tous les 10 ans. D’après cette tendance actuelle, les pertes économiques dues aux désastres naturels devraient passer à 150 milliards de dollars US par an dans les 10 prochaines années. Les investissements dans le ralentissement du changement climatique auront donc pour résultat une diminution des coûts des dommages causés par ce changement, ainsi que des pertes économiques qui s’y rapportent.
Le ralentissement du changement climatique comportera également des avantages pour la santé du fait qu’un grand nombe de sources émettrices de gaz à effet de serre (GES) sont également des sources de pollution. La production et la combustion de carburants fossiles entraînent des émissions de GES et de polluants de l’air tels que les oxydes d’azote, d’anhydride sulfureux et des particules.[8] Cette relation est confirmée par une étude récente publiée dans la revue scientifique britannique The Lancet qui montre qu’une amélioration de la qualité de l’air par la réduction des carburants fossiles comporte moins de décès dus à des troubles cardiopulmonaires. Des chercheurs de la Harvard School of Public Health, de Trinity College et de l’Institute of Technology de Dublin ont examiné l’avantage à long terme pour la santé de l’interdiction de la vente du charbon à Dublin pendant les années 1990. Ils ont découvert une réduction de presque six pour cent dans les décès non traumatiques, une diminution de 15,5 pour cent dans les décès dus à des causes respiratoires et une diminution de 10,3 pour cent dans les décès dus à des causes cardiovasculaires.[9]

Par conséquent, les investissements pour répondre au changement climatique auront des avantages directs et des avantages secondaires. En fait, de 25 à 30 pour cent des dépenses directes pour réduire les émissions de GES peuvent être compensés rien que par l’amélioration de la qualité de l’air et des avantages secondaires s’y rattachant.[10] Une étude canadienne de six mesures[11] pour réduire de 68 millions de tonnes par an les émissions de GES concluait que les contaminants de l’air servant de critères seraient réduits de centaines de milliers de tonnes, soit une épargne d’environ 1,2 milliard de dollars par an vers 2010, du fait de coûts se rapportant à la santé qui ne seraient pas encourus.[12]

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  1. Peters, A., Pope III, C.A. 2002. « Cardiopulmonary mortality and air pollution.» The Lancet. 360 : 1184-1185
  2. Source : Ontario Medical Association. The Illness Costs of Air Pollution. http://www.oma.org/phealth/icap.htm . Accès le 22 septembre 2002.
  3. Source : Environnement Canada. http://www.ec.gc.ca/air/introduction_f.htm . Accès le 29 septembre 2002,
  4. Source : Santé Canada. http://www.hc-sc.gc.ca/hecs-sesc/qualite_air /benefices.htm .
  5. Accès le 20 septembre 2002.Source : Health Effects of Climate Change and Air Pollution. Association canadienne de santé publique.
    http://www. ccah.cpha.ca//effects.htm . Accès le 8 octobre 2002.
  6. Innovest Strategic Value Advisors. Climate Change and the Financial Services Industry – CEO Briefing. United Nations Environment Programme Finance Initiatives. Climate Change Working Group. UNEP Economics and Trade Branch. Genève (Suisse). Pour consulter le rapport : http://unepfi.net/cc/index.htm
  7. Innovest Strategic Value Advisors. Climate Change and the Financial Services Industry – CEO Briefing. United Nations Environment Programme Finance Initiatives. Climate Change Working Group. UNEP Economics and Trade Branch. Genève (Suisse). Pour consulter le rapport : http://unepfi.net/cc/index.htm
  8. Bates, D.V., et Caton, R.B. 2002. A Citizen’s Guide to Air Pollution. Deuxième édition. David Suzuki Foundation. Vancouver, C.-B.
  9. Clancy, L., Goodman, P., Sinclair, H., et Dockery, D.W. 2002. «Effect of air-pollution control on death rates in Dublin, Ireland : an intervention study». The Lancet. 360 : 1210-1214.
  10. Analysis and Modelling Group, National Climate Change Process. 2000. The Environmental and Health Co-Benefits of Actions to Mitigate Climate Change.; Burtraw, D., et Toman, M. 1997. The Benefits of Reduced Air Pollutants in the U.S. from Greenhouse Gas Mitigation Policies. Resources for the Future. Discussion Paper 98-01-REV. Washington (D.C.).
  11. Ces six mesures sont : normes d’efficacité des carburants pour véhicules, augmentations graduelles des taxes sur les carburants (1% par litre par an pendant 10 ans), utilisation accrue des transports publics, abandon du carburant dans la production d’électricité, augmentation de la part des ressources renouvelables dans la production d’électricité, rééquipement visant à une efficacité énergétique accrue pour les immeubles commerciaux et les domiciles privés. Ces mesures réaliseraient 36% de la réduction jugée nécessaire pour que l e Canada réponde à ses obligations suite à l’accord de Kyoto. Voir : Caton, R., 2000. Clearing the Air : A preliminary analysis of air quality co-benefits from reduced greenhouse gas emissions in Canada. David Suzuki Foundation, Vancouver (C.-B.).
  12. Comprend des réductions de 220 000 tonnes d’anhydride sulfureux par an (neuf pour cent des chiffres nationaux canadiens); 140 000 tonnes par an d’oxydes d’azote (sept pour cent des chiffres nationaux). Caton, R., Clearing the Air : A preliminary analysis of air quality co-benefits from reduced greenhouse gas emissions in Canada. David Suzuki Foundation, Vancouver (C.-B.).

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